L’histoire de la femme guerrière qui m’a gravement inspiré. Il s’agit d’une cliente qui habite hors Maroc, que j’avais coaché il y a deux ans de cela.
Cette histoire m’a beaucoup marquée, parce que cette femme est l’une des plus fortes personnes que j’ai eu l’honneur de rencontrer durant toute ma vie.
C’était en mois de Juin 2017 que cette femme avait pris contact avec moi en m’appelant directement sur mon numéro professionnel. Les salutations et bonnes manières étaient bien au rendez-vous au tout début de la conversation. Puis elle a réclamé le besoin de se faire coacher. J’ai répondu que cela était justement possible à travers des appels vidéos via whatsapp.
Elle m’a fait comprendre qu’elle avait pris contact avec moi tout simplement parce que là où elle habite, il n’y a pas de coach marocain. Et que selon elle, le fait que je le sois lui permettrait de sentir que je la comprends mieux.
Au moment où je lui avais demandé de me briefer sur son problème afin que je puisse lui donner une idée approximative sur le nombre de séances dont elle aura besoin, elle était trop hésitante. Elle disait qu’elle n’en a jamais parlé à qui que ce soit. Du coup mon cerveau s’était mis à faire des déductions, basées sur le problème courant de la plupart des femmes que j’ai coaché, qu’elles ne partageaient avec personne, et dont j’étais le premier à le savoir. Je m’étais donc dit que cela devrait être un problème de couple, ou d’ordre sexuel. Puis elle enchaîna qu’elle était divorcée, et qu’elle trouvait beaucoup de mal à exprimer son problème, étant donné que selon elle, ce qu’elle endurait n’avait certainement pas de solution.
J’ai fini par la mettre en zone d’assurance, puis on s’était fixé un rendez-vous pour une première séance de coaching.
Ce qui va vous surprendre, c’est qu’il m’a fallu trois séances successives avec différents types d’exercices afin qu’elle puisse enfin me dire ce qui clochait chez elle. La norme c’est que le client consulte un coach tout en étant impatient pour enfin évacuer tous ses problèmes, à partir même de la consultation.
Je dois bien vous avouer qu’elle était le premier cas que je traite avec un souci aussi particulier.
Cette femme était atteinte du VIH, et PERSONNE ne le savait, à part elle et le grand Dieu.
Contrairement à ce que la plupart pourraient éventuellement penser, cette femme n’a pas été contaminé par quelqu’un avec qui elle a eu une aventure, ou une lame de rasoir. Non, loin de là. Cette femme a grandi dans une famille très conservatrice, elle a fait de grandes études, a fait une bonne carrière professionnelle, et ne faisait rien qui sort du cadre religieux, parce que c’était tout simplement ses convictions et principes que ses parents lui ont transmis.
Un an avant qu’elle me contacte, elle a fait la connaissance d’un homme « intéressant », qui n’a pas tardé à demander sa main. C’était la joie, l’entrain, la famille, le futur.. 6 mois après leur mariage, son mari meurt. Il était contaminé aussi .. vu que selon elle, il couchait avec beaucoup de prostituées. C’était durant son hospitalisation qu’elle avait appris que son mari était malade. Naturellement, c’était le choc de sa vie, vu qu’elle a automatiquement déduit qu’il le lui a transmis, chose qu’elle a pu affirmer en faisant des analyses.
Alors, à votre avis, qu’est-ce que cette femme a bien pu sentir ? En avez-vous une idée ? Une femme, qui n’a jamais rien fait de mal, même pas à une mouche. Puis qui se retrouve condamnée à vie par une maladie chronique.
En effet, elle avait beaucoup de mal à s’en remettre, surtout qu’elle ne pouvait en parler à personne.
Pire, cette femme est responsable de ses vieux parents, et de son frère handicapé qui ne bouge pas.
Elle prend en charge ses parents, donc elle ne peut jamais se permettre d’arrêter de bosser. Elle s’occupe également de nourrir son frère, lui changer ses couches, etc, et elle était supposée s’occuper d’elle-même en parallèle, chose qui est bien loin d’être évidente..
L’objectif de cette femme au tout début du coaching était de pouvoir se débarrasser de cette maladie d’une manière définitive. Il lui avait déjà arrivée à maintes reprises de cesser de suivre son traitement qui lui permettait de stabiliser sa maladie, afin qu’elle donne fin à ses jours. Mais elle finissait par s’y remettre, vu qu’elle n’était pas capable d’abandonner sa famille, et surtout les décevoir. En gros, elle ne vivait plus pour elle, mais plutôt pour les gens qui l’aiment et qu’elle aime.
Naturellement son objectif était tout sauf réaliste, chose que j’ai fini par lui faire comprendre. Elle portait beaucoup de haine envers sa situation, et son ex mari. Vu qu’elle était convaincue que si elle en était là, c’était surtout à cause de lui.
Au fil des séances, j’ai pu l’aider à réajuster sa perception des choses, d’une manière à ce qu’elle devienne de plus en plus réaliste. Et surtout à ce qu’elle décide de tenir le taureau par ses cornes .. Puis au bout d’approximativement la dixième séances, on a fini par redéfinir un nouvel objectif, à savoir, « cohabiter avec sa maladie ». Chose qui n’était pas du tout évidente, mais qui d’un point de vue rationnel, demeure la meilleure de toutes les solutions possibles.
Bien que cela était très dur pour elle, Dieu merci, j’ai pu lui apprendre à aimer sa maladie, à se focaliser sur tous les bienfaits qu’elle lui apporte, qu’elle a encore toute la vie devant elle à partir du moment où elle respecte son traitement. La phrase déclic qui l’avait motivé à s’y mettre était surtout : Quand la vie t’expose une situation que tu ne peux en aucun cas éviter, qui s’impose, et que tu ne peux aucunement influencer, alors autant l’accepter le cœur ouvert, l’aimer, et y trouver du plaisir.
Aimer le sida ? ça peut vous paraître dingue. Mais cette perception peut très bien amener beaucoup de paix à une personne qui y est condamnée.
Hamdoulilah, cette personne est désormais la meilleure version d’elle-même. Elle s’aime, aime la vie, en profite, a fini par pardonner à son mari en étant convaincu que ce n’était pas son choix, mais celui du tout puissant bien avant que ce soit irresponsablement celui du défunt.
Alors, vous avez des problèmes dans votre vie ? Vous en êtes sûr(e)s ?
Cette femme est une source d’inspiration pour moi. A chaque fois que je me retrouve face à une situation assez délicate, il me suffit de me remémorer son cas, pour qu’à l’instant même, je finisse par tout banaliser.
Faites en de même.
Rabaa Yassine FAKRI.
Coach certifié en développement personnel et professionnel.
